Sortir à Chartres

Chartres parrainait une ville algérienne en plein conflit.

Il y a cinquante ans, les Accords d’Évian, annonçant la fin de la guerre d’Algérie, étaient signés. Cette commémoration est l’occasion pour les Archives municipales de Chartres de  revenir sur une démarche chartraine de l’époque : le parrainage de la Ville de Batna, en Algérie, par la Ville de Chartres.

"Soustraire les enfants aux privations et au terrorisme".

Dans le cadre d’une campagne nationale visant à soutenir les villes algériennes, la Ville de Chartres conclut en juin 1956 un parrainage avec la Ville de Batna, au Nord-Est de l’Algérie, dans la région de l’Aurès. Ce parrainage avait pour but de "soustraire les enfants aux privations et au terrorisme", comme il est précisé dans un courrier que la Ville a envoyé à une nourrice chartraine en 1956. Tous les habitants de Chartres et alentours pouvaient participer financièrement à ce projet.

30 enfants de Batna accueillis à Chartres

En 1962, les Accords d’Évian étaient signés. Le Bureau d’Aide Sociale, qui s’occupait tous les ans de la colonie des enfants de Batna, décide malgré les troubles de poursuivre l’action "dans l’esprit qui a toujours guidé la municipalité depuis le début de ce parrainage". Pendant un mois, 30 enfants sont accueillis dans des familles chartraines afin que les petits Batnéens viennent "se reposer dans le calme de notre cité", selon les propos de Joseph Pichard, maire de l’époque, dans son appel à souscription.
La visite de 1962 ne s’annonçait pourtant pas sous les meilleurs auspices, comme en témoigne cette lettre du Maire de Batna. Suite au retour massif des Pieds-Noirs, il n’était pas certain que les enfants puissent obtenir des places dans les avions.

1 mois de visite à Chartres

Les enfants réussirent tout de même à décoller d’Algérie. Arrivés le 1er août 1962, ils restèrent à Chartres jusqu’au 30 août. Ils profitèrent durant ce séjour de nombreuses visites de la ville et du département, allant même jusqu’à Versailles et Paris. Un grand goûter à l’Hôtel-de-Ville clôtura ce séjour "fini trop tôt" d’après une enfant de Batna. De nombreux documents et photographies conservés aux Archives municipales témoignent de ce séjour.
Ce parrainage pris fin en 1963 car les crédits alloués par la Ville à cette opération furent, cette année là, consacrés aux français rapatriés d’Algérie ayant élu domicile à Chartres.

Sources : AM Chartres, 41W627 et 628.