Sortir à Chartres

Rechèvres : histoire d'un quartier

A l’occasion de l'exposition "Chartres au XXe siècle : des édifices, des maisons, des quartiers", le service des Archives vous propose de retracer, au travers d'une sélection de documents patrimoniaux, l'histoire de ce quartier chartrain.

Situé au nord-ouest de la ville, le plateau de Rechèvres était entièrement dédié aux activités agricoles jusqu’au milieu du XIXe siècle. Exploitées par des propriétaires-récoltants du Faubourg-Saint-Jean et du Bourgneuf, de nombreuses vignes couvraient tout un secteur allant des rues de Rechèvres et de Fresnay jusqu’à la rue Gaston-Couté et au quartier des Bas-Menus. Au recensement de la population de 1861, les premières maisons firent leur apparition. Puis, au recensement de 1901, le quartier comptait 57 habitants.

L’urbanisation

 

Le plateau débuta son urbanisation au début des années 1930 avec la création de 28 logements locatifs installés dans des pavillons construits dans la rue de Rechèvres par la Société d’Habitations à Bon Marché Eure-et-Sarthe. En même temps, se créait la cité-jardin de La Roseraie.

Cependant, c’est après guerre que la construction prit son essor pour répondre à la nécessité de reloger les sinistrés mais aussi afin de faire face au baby-boom. En 1949, les architectes Camelot, Rivet et Sainsaulieu proposèrent une nouvelle cité expérimentale "Rechèvres 200" inspirée de la Roseraie toute proche. Le programme conçu en plusieurs tranches, devait atteindre 1000 logements dont 500 à court terme. L’idée principale fut la résidentialisation avec une desserte en raquette. Les maisons furent équipées du confort moderne avec sanitaires et eau chaude. Elles étaient alors conçues pour accueillir de grandes familles, de plain-pied et dotées de vastes jardins. De plus, tous les équipements nécessaires à la vie quotidienne furent prévus : commerces, écoles, église et maison des jeunes.

En 1947, les architectes Pichon et Redréau dessinèrent les pavillons doubles situés près de l’église. Les jardins devant les maisons ainsi que les clôtures furent ajoutés 10 ans plus tard.

Les écoles

 

Prévu en même temps que la cité expérimentale, un groupe scolaire dont les plans furent proposés par la commission départementale des constructions scolaires et comprenant 15 classes (école maternelle, école de garçons et école de filles) fut inauguré le 16 octobre 1955. Entre temps, la population de Rechèvres ayant considérablement augmentée, des classes provisoires furent installées dans des baraquements.

 

L’enseignement technique 

Situé sur un grand terrain de sept hectares, l’établissement comprenant un lycée et un collège ouvrit ses portes à la rentrée 1965 avec 111 lycéens et 45 collégiens. Les effectifs augmentèrent très rapidement, atteignant 1265 élèves à la rentrée 1968.

L’église Saint-Jean-Baptiste

 

Une chapelle provisoire fut installée à l’angle de la rue de la Paix et de la rue Huysmans. La première pierre fut posée en 1958. L’architecte Jean Redréau réalisa une église résolument moderne et novatrice : couverture en cuivre, vite vert-de-grisé, autel et frontons en pierre de Berchères. Les structures métalliques qui soutiennent la coupole sont visibles à l’intérieur. Six verrières de six mètres sur deux mètres, réalisées par l’artiste chartrain Max Ingrand, apportent une lumière particulière.

La salle de la Cité

Sur les plans de Jean Maunoury, les habitants du quartier "les Castors" édifièrent bénévolement la salle paroissiale de 1953 à 1954 le dimanche après-midi et le lundi. A partir de 1956, "les Castors" la transformèrent en salle de cinéma et salle de spectacles afin de la rentabiliser. La "salle de la Cité"  fut gérée par l’Association Saint-Jean-Baptiste jusqu’en 1971. Actuellement, "la Cité" est le nom de la Maison pour Tous conçue par l’architecte Jean-Noël Pichot, inaugurée en 2012 en remplacement du bâtiment de la rue de la République.

 

Le quartier de Rechèvres connu ces dernières décennies d'importantes mutations. Les maisons du "Rechèvres 200" conçues à titre expérimental nécessitèrent une importante et coûteuse réhabilitation. Aussi, quelques modèles furent conservés en souvenir tandis que les parcelles furent l'objet de reconstruction.

Sources : 3 Fi 1511, 3 Fi 1611, 12 II (fonds Macé).

 

Rendez-vous à l'exposition " Chartres au XXe siècle : des édifices, des maisons, des quartiers" à l'Apostrophe, espace Patrimoine jusqu'au 26 septembre 2015.