En 2001, les Chartrains nous ont élus aux affaires d'une ville qui déclinait doucement, à l'ombre devenue pesante d'une cathédrale qui rappelait le fossé croissant entre une grande histoire, un présent morose et un avenir incertain. Nous avions donc à moderniser Chartres, mais en restant fidèle à son Histoire.
Les Chartrains supportaient en outre une fiscalité locale devenue confiscatoire, supérieure de 80 % à la moyenne nationale des villes de même taille. Avec une dette très importante, une mauvaise dette qui ne servait pas à l'investissement, réduit à la portion congrue, mais à payer les fins de mois du fonctionnement de la Ville. Quelques années plus tôt, la Préfecture avait même placé les finances municipales sous « réseau d'alerte ».
De mon expérience professionnelle d'ingénieur et de dirigeant, j'avais gardé une leçon majeure : quand vous avez à affronter une situation à la fois difficile et complexe, il vaut mieux aborder le problème par le haut. Et construire une vision globale qui vous permet aussi de considérer les conséquences de vos décisions sur le quotidien. Car vous ne pouvez convaincre les gens de vos grands projets, avec leurs travaux souvent perturbants, si leur quotidien ne va pas. La plupart des premières lettres que je reçus des Chartrains ne portaient d'ailleurs pas sur le grand parking Cœur de Ville qui avait focalisé l'opinion pendant la campagne électorale. Les gens me demandaient d'abord de faire disparaître les innombrables petits sacs à ordures en plastique, souvent éventrés, qui encombraient leurs trottoirs parfois plusieurs jours d'affilée. Une ville, et encore plus quand elle se veut attractive et touristique, a d'abord besoin de propreté, de sécurité et d'animation. Nous avons installé des conteneurs à ordures enterrés, créé une police municipale et inventé Chartres en lumières.
Nos tout premiers budgets ont diminué les charges de fonctionnement, afin de retrouver des marges de manœuvre pour investir. Parallèlement, nous avons lancé le projet de parking Cœur de Ville, sous la place des Épars et le boulevard Chasles. Sans que cela coûte un euro au contribuable chartrain. Nous voulions montrer avant tout que nous tiendrions nos engagements. Et dans tous les domaines.
Pour commencer à rendre leur ville aux Chartrains, nous avons décidé de baisser les taux des impôts locaux. Nous l'avons fait petit à petit, mais chaque année pendant 19 ans. Nous aurions bien voulu continuer à le faire, mais la suppression de la taxe d'habitation, effective en 2021, nous en a empêchés. Depuis, le taux municipal de la taxe foncière à Chartres est resté stable. Nous avons investi 500 millions d'euros ! Notre dette a été consacrée exclusivement à l'investissement. Elle est entièrement sécurisée. Et nous sommes capables de la rembourser.
Nous avons surtout lancé des marchés d'études et de définition sur tous les quartiers sans exception. À l'inverse de « l'urbanisme d'opportunité » qui prévalait jusqu'alors, cette stratégie nous a permis d'inscrire chaque projet dans son ensemble, et de commencer par les infrastructures et les équipements publics nécessaires à leurs habitants présents et à venir.
Enfin, nous avons concentré en cœur de ville et d'agglomération les plus grands équipements culturels et sportifs : le Conservatoire, le Cinéma, le Théâtre restauré, la Méd'IAthèque et aujourd'hui le Colisée, au cœur du Pôle gare lancé en 2005. La centralité de ce que nous avons appelé « les boulevards de la culture » permet de desservir le maximum d'usagers potentiels : ils peuvent y venir facilement à pied ou à vélo.
Cette stratégie globale nous a aussi permis de lancer tous nos projets en même temps et partout. On ne peut connaître tous les aléas à l'avance, et il faut malheureusement de plus en plus de temps pour faire aboutir un projet dans notre pays. Je dédie le numéro spécial du Votre Ville de février à tous les Chartrains. Il raconte l'histoire de notre passion pour Chartres à l'œuvre depuis 25 ans. C'est votre confiance continue et renouvelée qui a permis tout cela. Je vous en remercie infiniment. Il reste encore tant à faire.
Parce que C'Chartres !
Lire le numéro spécial du magazine Votre Ville de février 2025 en intégralité.